Vous avez dit changement ?

Publié par FCV le

VOUS AVEZ DIT CHANGEMENT ?

Le changement est-il nécessaire ? En quoi consiste-t-il ? Qu’appelle-t-on le changement ? Est-ce une modification, une évolution ? Le changement peut-il se refuser ? Il est souvent espéré, désiré mais aussi appréhendé avec crainte et réserve. L’inconnu qu’il véhicule fait naître des peurs et des résistances.

Associé au lâcher-prise, le changement suppose d’accepter que ça bouge et que quelque chose se modifie en soi. Le changement est un mouvement, une organisation intelligente avec ses règles, ses contraintes et ses nécessités.

Il s’impose lorsqu’une situation devient intolérable. Le changement est alors vécu comme une obligation pour sauver sa peau, pour sortir d’une impasse ou d’une situation. Lorsqu’un ras le bol devient significatif, il devient la carte à jouer, la seule réponse possible notamment lorsque des limites sont atteintes.  Le changement est souvent vécu comme un mouvement imposé, lorsque cela n’est plus tenable, lorsque toutes les autres possibilités ont été épuisées. Généralement, il est perçu comme une pression, une obligation, une exigence,  puisqu’il faut en passer par là…

Le changement génère une peur de perdre : perdre des attachements, des liens, des bénéfices secondaires. Le changement induit de se détacher, de se délier de certains nœuds, de se déplacer, c’est-à-dire de trouver une autre place, de se décaler ou de se caler autrement dans un quotidien le plus souvent à réinventer.

Toutefois, il convient de ne pas ignorer ce qui précède souvent le changement : une plainte. La plainte témoigne d’un existant auquel le sujet est lié. Elle évoque la puissance possible d’un attachement et la force d’une résistance. Elle donne à entendre et à voir avec son corollaire qu’est le symptôme, l’incapacité à accueillir pour l’instant le changement.

Certes, l’aventure proposée par le changement est déroutante, quelque fois bouleversante. La perspective d’un changement entraîne des gémissements, des tensions, des oppositions, des refus voire des somatisations. La plainte peut même devenir toute puissante…  N’oublions pas, la plainte est générée par les répétitions du passé. Elle est la manifestation d’une défense, d’une rébellion sous-jacente. Si elle souligne l’authenticité d’un vécu, ses gémissements ne sont que l’occasion de verbaliser ce qui refuse de bouger.

Dans la plainte il y a quelque chose qui se fige et qui se fossilise. Elle s’éloigne du mouvement fluide de la vie, jugé pour l’instant, trop hasardeux  pour ce qu’elle représente. La plainte est la résultante d’une tension entre ce qui aspire au changement et ce qui ne veut pas l’entendre. La plainte se sent victime d’un choix qui la plonge dans l’isolement. Sera-t-elle entendue ? Comment et par qui ? Qui, autour d’elle, est prêt à la nourrir ? Lorsqu’une demande est formulée par un client, la plainte n’est jamais très loin de celle-ci. Sans oublier que la plainte peut exercer un pouvoir tyrannique au point de faire barrage au changement.

S’AFFRANCHIR DE LA PLAINTE EST L’UNE DES CLEFS DU CHANGEMENT

La plainte exige de la personne qui l’exprime qu’elle ne fasse précisément plus que cela : se plaindre… La plainte va jusqu’à effacer le sujet. Celui-ci est renversé. Il ne dispose plus de son existence. La plainte restera toute-puissante tant qu’elle occupera une place centrale dans la relation à l’autre.

Le changement fait peur à la plainte. Et la plainte a peur de la vie. La plainte reste une vision narcissique et défensive d’un vécu aujourd’hui obsolète. En se manifestant par des dépressions, des répétitions, des somatisations, elle n’a pas d’autres possibilités que de répondre aux questions du présent par des recettes du passé.

Si la plainte ne doit pas être ignorée, il convient en revanche d’entendre la personne qui l’exprime. S’affranchir de la plainte ne veut pas dire la nier ou la rejeter. Elle doit être entendue, accueillie et acceptée comme un élément parmi d’autres. Se concentrer sur la plainte seule augmentera l’emprise de celle-ci. Entendre la personne qui l’exprime plutôt que de se concentrer exclusivement sur la plainte… Dans son accompagnement, le coach de vie aura comme intentionnalité d’encourager le sujet, à poser un regard différent, à mettre en perspective les différents paramètres présents, et à le soutenir dans la refonte de ses systèmes relationnels, psychiques et émotionnels.

LE CHANGEMENT EXIGE DE MODIFIER LA NATURE DES ATTACHEMENTS

Le changement ne se vit pas sans plainte et sans douleur : accueillir celles-ci, les recevoir et les accepter est un processus vivant, jamais achevé. Le changement exige d’éliminer ce qui encombre, de modifier la nature des attachements aux personnes et aux situations. Le changement suppose de développer un laisser se faire en soi.

Cependant le changement fait peur. La peur est une visiteuse. Elle visite tous les candidats au changement en rejetant les perceptions nouvelles. En s’exprimant, la peur et la plainte, d’une certaine façon, testent la solidité du projet au changement. Vont-elles avoir raison du changement qui émerge ?

Changer, c’est croire que l’impossible va devenir possible. Ce mouvement de vie exige d’être, à un moment donné, sans appui et démuni de certitudes. Le changement passe par l’étape du vide et de l’inconnu qui précisément va colorer de façon particulière l’instant d’après. Changer est lié à l’incertitude, à l’inconnu, à la notion de risque. La précarité, l’instabilité, la vulnérabilité et l’insécurité sont les conséquences possibles du changement. Cependant, est-il possible de résister longtemps à la pression du changement notamment lorsque celui-ci pousse de l’intérieur ?

Que suppose le changement ? C’est un constat : la vie enjoint chacun à être en mouvement. Changer ou être en changement ? Qu’on le veuille ou pas, là où l’on est c’est le changement. Rien n’est fixe. Tout est changement.

Si la plainte est contenue dans le changement, elle n’est pas le changement. Elle est le symptôme qui se déclare face à quelque chose  qui, précisément, change… Allons-nous accorder plus d’importance à la plainte qu’au changement ? Accepterons-nous de passer de la peur du changement au plaisir d’évoluer et de se transformer ?

Roger DAULIN – Coach de vie et formateur – Président de la Fédération de Coaching de Vie

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