Quand le coach de vie oublie qu’il est là pour une personne, pas pour une problématique

Dans la pratique de l’accompagnement-coaching de vie, il arrive fréquemment que les demandes (1) des clients ressemblent à celles que l’on pourrait adresser à un thérapeute. Symptômes, blessures, histoires douloureuses, questionnement existentiel… Le terrain semble commun. Et pourtant, la manière d’y répondre est fondamentalement différente.

Différence… ou complémentarité ?

Le thérapeute, dans sa posture clinique, cherche à soigner une blessure, à réparer une histoire, à traiter un problème. Il travaille souvent dans le passé, avec pour but la guérison.

Le coach de vie, lui, part de cette même histoire mais avec une autre perspective : accueillir la personne dans sa globalité (et pas seulement le symptôme), l’inviter à explorer ses besoins profonds, ici, là et maintenant.

Il ne cherche pas à réparer, mais à laisser se révéler ce qui peut l’être.

Il questionne le sens de ce qui est là, facilite par sa posture sans attente et sans intention, l’émergence d’une compréhension nouvelle chez la personne coachée, ouvrant ainsi une voie vers la transformation.

Quand le coach de vie renvoie… trop vite !

En supervision, j’entends quelque fois des exclamations comme : « ça, c’est pour un thérapeute, ce n’est pas pour moi ! ».

Et le coach de vie renvoie alors la personne à d’autres professionnels !

Mais la personne est là, en face… Elle a franchi ses résistances, pris rendez-vous, choisi un coach de vie -pas un thérapeute. Et voilà qu’on la renvoie ailleurs, comme si elle s’était trompée de porte !

Pourquoi ce réflexe ?

Souvent, c’est la peur qui parle. Peur de mal faire, peur de dépasser les limites. Ou bien c’est une lecture trop rapide : le coach de vie analyse « la problématique » au lieu d’accueillir la personne dans sa globalité.

Mais le coaching de vie ne consiste pas à trier les sujets comme des colis. Il s’agit d’accueillir la personne, pas seulement son problème. Et de lui faire confiance. Mieux encore, d’être en confiance… Car si elle a choisi le coaching de vie, c’est peut-être qu’elle ne veut pas ressasser son passé, mais avancer, transformer, comprendre autrement.

Une posture philosophique : accompagner l’émergence

Socrate, dans ses dialogues, ne donne pas de réponses. Il questionne, il fait accoucher les idées. C’est la maïeutique : l’art de laisser naître ce qui est déjà là. 

Le coach de vie est dans cette posture. Il ne dit pas « voilà ce qui ne va pas », mais « que dit ce malaise de vous ? ».

Une métaphore : le jardin intérieur

Le thérapeute est le plus souvent comme un jardinier qui soigne une plante malade, qui traite le sol, qui retire les parasites.

Le coach de vie, lui, invite la personne à questionner, explorer son propre jardin intérieur : Où sont les racines ? Qu’est-ce qui pousse naturellement ? Qu’est-ce qui s’étouffe ? Quelle graine attend d’être plantée ?

C’est ainsi que le coach de vie ne plante pas à la place du coaché. Il crée les conditions pour que la personne ose jardiner elle-même.

Une complémentarité, pas une concurrence

Il ne s’agit pas de savoir qui a le droit de parler de quoi. Il s’agit de comment on en parle. Le thérapeute et le coach de vie peuvent aborder -ou se laisser aborder- par les mêmes sujets, mais avec des intentions ou perspectives différentes. Et c’est justement dans cette différence que naît la richesse.

Et si la personne ressent le besoin d’un travail thérapeutique en parallèle, elle pourra toujours l’entreprendre. Pendant ou après son coaching de vie. Mais peut-être lui faut-il passer par le coaching de vie avant de se « thérapiser » -comme me l’a formulé un jour un client, avec humour.

Le coach de vie n’est pas un thérapeute. Mais il peut, avec justesse et discernement, accueillir les mêmes sujets et les laisser se transformer en opportunités de croissance.

Être en confiance, avant de vouloir bien faire

Souvent les coachs de vie disent : « je ne veux pas mal faire » pour justifier un renvoi vers un thérapeute. Mais avant de vouloir bien faire, ne faudrait-il pas simplement… être ?

Être là, en présence. Être inconditionnellement aux côtés de la personne. Être en confiance, en soi-même, dans son référentiel, dans son dispositif relationnel, dans sa posture, dans la portée du coaching de vie.

Et surtout, être en confiance dans la maturité du client, dans sa dimension adulte, dans sa capacité à s’assumer, à dire ses choix, à exprimer ses préférences. Car si cette personne a choisi le coaching de vie, c’est peut-être qu’elle ne veut pas être prise en charge, mais aspire à se prendre en charge.

En conclusion…

Le coach de vie n’ a pas à traiter une problématique. Il a à accueillir une personne. Et cette personne, même si elle se présente avec un symptôme, une douleur, une histoire, elle porte en elle des ressources insoupçonnées. Le rôle du coach de vie est alors de lui faciliter la tâche afin qu’elles émergent. En temps et en heure. Selon la sensibilité du client.

Alors en guise de question finale : Cher.es coachs de vie, et si le vrai risque n’était pas de mal faire… mais de ne pas être là, pleinement, en confiance, avec tout ce qui est ?

Roger DAULIN Superviseur FCV coaching de vie

Pour plus d’informations, voir les dossiers de la FCV « Coaching de vie et thérapies »

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