Le coaching de vie est-il intrinsèquement un coaching solidaire ?

Publié par FCV le

Le coaching de vie est-il intrinsèquement un coaching solidaire ?

 

AVANT-PROPOS

Cet article est le fruit de réflexions engagées par les membres du CA de la FCV sur le thème du coaching solidaire. En effet, certains coachs s’emparent de cette appellation. Qu’en est-il réellement ?

La Fédération Coaching de Vie s’adresse à tous les apprenants et les professionnels en coaching de vie mais aussi à tous ceux désireux de comprendre, de clarifier les notions de solidarité et d’accompagnement au cœur de cette pratique professionnelle émergente dans notre société contemporaine.

Valeurs du coaching de vie et posture du coach

Nous avons publié de nombreux articles sur le sujet (Le blog) que vous pouvez lire à votre guise.

 L’objet de cet article nous incite à un rappel spécifique. Le coaching de vie est un coaching humaniste dont la qualité de la prestation, l’éthique, la déontologie et le professionnalisme s’appuient sur des valeurs fondamentales :

  • Du côté du coaché : l’implication, la mobilisation, l’autonomie, le libre arbitre et la capacité de se prendre en charge.
  • Du côté du coach de vie : il/elle  accompagne la personne coachée à s’aider elle-même (respect du chemin d’un autre, autonomie etc.) et intègre dans sa pratique professionnelle le même niveau d’exigence à savoir, les valeurs, la posture, la présence, une actualisation permanente du cadre, une formation appropriée et l’indispensable supervision.

Rappelons qu’une personne ne devient pas coach de vie par hasard : son cheminement intérieur l’a conduite à s’intéresser et à considérer l’humain dans son entièreté, son devenir, son bien-être.

Coaching de vie et humanisme sont indissociables !

L’ensemble des valeurs que le coach de vie ou coach humaniste incarne, comprend la reconnaissance du sujet tel qu’il est, là où il en est, sans jugement, sans attente.

En présence, avec bienveillance et bientraitance, le coach de vie est impliqué parce qu’il est « naturellement » solidaire….

Solidarité n’est pas synonyme d’assistanat

Le mot solidarité vient du latin « solidus » dont l’étymologie révèle la notion d’un tout, dans lequel chaque être humain a sa part d’implication, de responsabilité, de réciprocité, de coopération et d’élan compassionnel. Plus concrètement, il s’agit d’un sentiment qui pousse chacun à se soutenir et à s’entraider. Ce lien fraternel constitue une valeur sociale qui conduit chacun à considérer que nous appartenons tous à une même communauté.

La solidarité pose l’existence d’un lien d’interdépendance entre sujets dans une société qui, aujourd’hui encore, confond individualisme et individualité. Nous sommes des individualités qui ont fait le choix, pour survivre, de vivre ensemble.

Dans la notion d’assistanat, il y a « faire à la place de l’autre ce qu’il ne peut pas faire », tout à fait acceptable quand il y a une impossibilité factuelle. Mais cela conduit également à une question : y-a-t-il une seule façon de faire ? Et aux notions de temps et d’impatience quand un autre avance « lentement ou différemment ».

Dans le mot « solidaire », il y a plutôt une notion de renforcement de l’existant. Ainsi, celui qui a besoin de solidarité n’est en rien diminué par son besoin, il existe à part entière dans la relation. C’est davantage un « vivre ensemble » étayé par une déontologie, une éthique et un cadre de fonctionnement.

Il est important de poser certains repères. Toute personne n’est pas prête pour s’engager dans une mission de coaching parce que ce n’est ni le bon timing ni la priorité.  Dans une phase de survie ou d’urgence sociale, le coaching n’est pas adapté. L’humanitaire n’est pas le temps du coaching…

On entend de ci de là proposer du coaching solidaire uniquement sur le champ du professionnel : insertion, orientation, formation, reconversion. Le personnel (couple, vie privée, bien-être etc.) est inexistant dans ces propositions. Nous pouvons nous interroger sur ce vide…

Si coaching solidaire il y a…

Exercer un coaching solidaire nécessite alors un statut protecteur. En renonçant à une plus-value monétaire, le coach solidaire se doit de pratiquer dans le cadre d’une association, d’une structure publique ou éventuellement dans une entreprise privée à vocation sociale. Un contrat tripartite entre la personne coachée, l’institution et le coach solidaire, pose et régule l’exercice de ce coaching.

Impliquant une rémunération moindre voir inexistante que celle appliquée normalement, il est important de ne pas oublier que l’aspect financier du coaching pose, « du fait qu’il coute», une dynamique de la part du coaché. De même, cela permet de ne pas être redevable envers le coach : il a été payé pour un service. Il n‘y a pas d’aidant ni d’aidé !

Ne laissons pas courir non plus l’idée qu’un coaching n’est possible que pour des personnes fortunées : cette idée a émergée en réaction aux tarifs pratiqués en entreprises. Nous vous invitons à consulter les tarifs des uns et des autres, vous serez surpris de la « démocratisation » des propositions !

Quoiqu’il en soit, très vite des questions se posent : Qui traite la demande ? Qui décide de qui bénéficie ou pas d’un coaching solidaire ? En dessous de quel revenu, le particulier peut-il prétendre à un coaching solidaire ? Débuter une mission de coaching demande un engagement personnel et une ouverture à ses changements… Comment mesurer la motivation d’un coaché ? Comment mesurer la démarche sincère d’une entreprise demandeuse ?

Le coaching solidaire, une histoire de bonne conscience ?

Sans vouloir minimiser toutes les initiatives de « bonne volonté », attention à toutes les dérives possibles :

  • Des propositions de coaching solidaire très minimaliste de 4 ou 5 séances gratuites sont faites, alors qu’en moyenne, le nombre de séances est du double voire du triple. De plus, en coaching de vie, c’est le client qui détermine le nombre de séances dont il lui semble avoir besoin. Faut-il, parce qu’il est solidaire, que la durée et donc l’efficacité du coaching soit tronquée ? Cette démarche serait contraire à l’éthique et à la déontologie du coach. Le coaching solidaire ne doit pas être un coaching au rabais…
  • On observe un certain  « flou » : il ne faudrait pas que certaines personnes proposent du coaching solidaire hors association pour accumuler des heures de coaching… de faire du « coachingwashing » comme on fait du « greenwashing » et se donner ainsi bonne conscience.
  • Avec quelle intention pratique-t-on le coaching solidaire ? Soyons clair avec les motivations qui nous animent avant de faire cette démarche…
  • Exercer un coaching solidaire en solitaire, c’est la porte ouverte à de nombreuses mésaventures pour un coach qui s’aventurerait en électron libre dans une telle démarche… Coaching solidaire mais pas solitaire !
  • Coach solidaire… bénévole à vie ?
 Le coaching de vie est intrinsèquement un coaching solidaire

Un coach de vie est solidaire et professionnel de par ses valeurs, son humanisme, son positionnement, le dispositif déployé dans le cadre de sa prestation.  Son accompagnement reconnait son client tel qu’il est, là où il en est, sans jugement, sans attente. Tout comme la solidarité, l’accompagnement coaching de vie s’appuie sur les principes de coopération, de co-participation. Il respecte le libre arbitre et le rythme du cheminement de son client. Il valorise l’autonomie et la prise en main par le coaché de ses choix de vie personnels et professionnels.

Intrinsèquement, le coaching de vie se réfère à un humanisme solidaire.

De nouvelles questions émergent de cette réflexion… L’une d’entre elles nous interpelle : pourquoi l’activité coaching a-t-elle généré autant de propositions de coaching solidaire ?

 Peut-être parce que de nombreux coachs ne sont pas posés suffisamment la question :

« Pourquoi suis-je devenu(e) coach de vie » ?

Texte : les membres du CA de la FCV


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