Le marché : l’étudier ou le créer ?

Publié par FCV le

Le marché : l’étudier ou le créer ?

« Une étude de marché est un travail de collecte et d’analyse d’informations ayant pour but d’identifier les caractéristiques d’un marché. »

On me pose souvent la question : « avez-vous fait une étude de marché avant de vous installer en tant que coach ? » Ou bien : « je fais une étude de marché pour savoir si la profession de coach est viable avant de prendre la décision de me lancer ».

Autant être honnête tout de suite : non, je n’ai pas fait d’étude de marché…

Est-ce de l’inconscience ? Tout dépend de l’angle de vue derrière lequel on se place-cache. Tout dépend si les envies professionnelles se doivent d’être conformes à un ordre déjà établi ou si l’envie d’exercer un métier est plus forte que les obstacles qui ne manqueront pas de jalonner le chemin. L’attitude choisie ne mènera pas au même endroit que l’autre… ni bien ni mal, juste des conséquences différentes.

Interroger une personne sur son activité d’aujourd’hui revient à l’interroger sur des actes qu’elle a  posés dans son passé, à savoir il y a au moins 3 ans : l’environnement ici et maintenant est-il le même ? Car cette activité professionnelle qui fonctionne (peut-être) « bien » est le fruit de semences mises en place quelques années plus tôt et renouvelées depuis : elle ne s’est pas construite en un jour.

Dans ce monde où le changement s’accélère, stimulé par la technologie qui le permet (internet, digitalisation, industrialisation de certaines tâches etc.) et par les changements de conscience, qui peut dire en toute honnêteté quels seront les métiers de demain ? Est-ce que certains métiers qui ont le vent en poupe ne sont pas ceux qui, hier, vivotaient à peine ? Et vice versa…  Est-on certain que les métiers qui « marcheront » existent déjà ?

Et aussi : décide-t-on d’exercer un métier seulement si on est certain de réussir ? N’est-ce pas là chercher une façon de sécuriser ce qui ne peut pas l’être ? Cela revient à appuyer sa réflexion sur l’extérieur : je vais faire un job qui mène au succès parce que d’autres l’ont fait avant moi –plutôt que sur l’intérieur : j’ai très envie de faire ce job qui me stimule et résonne avec mes valeurs. Comme si c’était le travail qui « marchait » et non pas les compétences des personnes qui aboutissaient à la réussite. D’ailleurs, n’est-ce pas cette attitude qui mène à coup sûr à saturer un marché…

Qu’est ce qui fait qu’une personne « réussit » dans son métier, en partant du principe que réussir aurait la même signification pour tous… (sic) ?

Donner tout le pouvoir à une étude de marché avant de décider de s’engager dans une activité professionnelle revient à :

  • omettre de s’intéresser au caractère de la personne, à sa dynamique, qui peut complètement changer la donne.
  • omettre de l’interroger sur le temps réel qu’elle a consacré au développement de son activité et au comment.
  • omettre d’interroger sa force de conviction dans son projet et/ou en elle-même.
  • refuser de voir l’aspect évolutif de la vie

Tout se passe comme si l’être humain avait oublié que le changement fait partie de la vie : tout est évolution… Les corps changent, les sentiments évoluent, les émotions passent, les envies se transforment, le langage s’enrichit. Si notre intérieur bouge autant, comment espérer que les jobs dans lesquels on a envie de s’investir ne bougent pas ???

Le marché est une conséquence… pourquoi en faire une cause sur laquelle baser ses choix de vie ?

Attention de ne pas faire d’une étude de marché LA condition, avant de s’engager dans une voie professionnelle. Elle est un indicateur du passé et présent immédiat des personnes interrogées, elle est une information : attention de ne pas en faire une vérité.

Dans le monde d’aujourd’hui qui se transforme en profondeur, le prévisible basé sur des données récurrentes perd du terrain, car beaucoup d’éléments devront être inventés, des comportements devront changer, des habitudes seront bouleversées… parfois du jour au lendemain !

Nous sommes entrés dans une ère d’innovation intérieure et extérieure où il ne s’agira pas de chercher ce qui a fonctionné jusqu’à aujourd’hui, mais de lâcher l’existant qui se sclérose pour entrer dans un nouveau monde où tout est à créer.

Il serait temps plutôt de s’interroger sur le monde dans lequel nous souhaitons vivre et d’oser inventer des métiers qui participeront à sa construction.

Faire une étude de marché dans le contexte actuel revient à interroger le marché de la machine à écrire sans voir venir l’explosion du numérique…

Pour en revenir au coaching, dans un monde en profonde transformation, un métier dont l’expertise est l’accompagnement du changement est plus que pertinent… Non ?

Texte Patricia Verneret

Coach de vie et présidente FCV


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