« Prendre soin » est une expression courante, mais est-elle réellement adaptée au coaching de vie ?
« Prendre soin » implique une prise en charge, une posture directive voire réparatrice, au risque d’enfermer l’accompagné.e dans une forme de dépendance !
A l’inverse, « être au soin de la relation » ouvre une toute autre perspective : une posture d’accueil, une présence, là où la relation se construit dans le respect de l’altérité et de l’autonomie.
Approfondissons ce sujet au travers de ce dialogue…

Personnages
Paul : formateur en coaching de vie
Élodie : stagiaire coach de vie
Contexte
Élodie partage une expérience où elle a voulu prendre soin de son client et où elle s’est interrogée sur sa posture…

Dialogue
Élodie : Paul, je suis troublée par mon dernier accompagnement… Mon client était trop submergé par ses émotions, et j’ai ressenti le besoin de le rassurer, de le protéger.
Paul : Intéressant ! Et alors…
Élodie: J’ai essayé de le calmer mais en vain. Très vite je lui ai donné des clés pour gérer ses émotions. Je suis consciente que je voulais prendre soin de lui, éviter qu’il souffre trop…
Paul : Et comment a-t-il réagi ?
Élodie: Il m’a remercié.
Paul : C’est tout ?
Élodie(hésitante) : Mais j’ai senti qu’il restait passif, comme s’il attendait que je prenne les choses en main pour lui.
Paul : J’observe que tu as suivi un réflexe « naturel » : vouloir apaiser, réparer, protéger. Peut-être aussi te protéger toi-même, non ? (Sourire). Ce réflexe, c’est ce qu’on appelle « prendre soin ». Agir pour atténuer la souffrance, mais parfois au détriment de l’autonomie de l’accompagné.
Élodie: Oui, c’est vrai, je voulais qu’il se sente mieux, mais maintenant je me demande si j’ai réellement respecté son cheminement ou si, au contraire, j’ai encombré, impacté ce qu’il vivait.

Être au soin de la relation…
Paul : C’est là qu’intervient « être au soin de la relation ». Il ne s’agit pas d’adoucir ou de minimiser ce que l’autre ressent, mais de créer un espace où ses émotions peuvent exister pleinement, sans intervention protectrice ou maternante. Un « laisser être ce qui peut l’être » dans cet entre-deux relationnel, coach / coaché.
Élodie: Donc, en cherchant à le protéger, j’ai pollué l’échange en lui évitant d’affronter ses propres ressentis ?
Élodie: Exactement. « Être au soin de la relation », c’est être là, en présence, ancré, centré, et entendre sans intrusion, permettre à l’accompagné d’explorer ce qui émerge en lui sans chercher à prendre la responsabilité de son vécu, ni à le protéger. Ta posture et ton cadre référentiel suffisent à protéger la relation.
Élodie(songeuse) : …
Paul : Reprends ce moment. Qu’est-ce que tu aurais pu dire à ce client ?
Élodie: …. J’entends que ce que vous traversez est important puisque vous le dîtes…(Silence). Et comment pouvez-vous accueillir cette émotion ?
Paul : Alors ?
Élodie: Ah, oui… Au lieu de lui dire comment aller mieux, j’aurais pu lui offrir un espace d’accueil, d’exploration, sans interférer avec son propre processus.
Paul : En effet ! L’accompagnement coaching de vie ne repose pas sur une action corrective mais sur une présence qui permet à l’accompagné de cheminer librement, d’accueillir, d’explorer…
Élodie: Je comprends mieux maintenant… Il ne s’agit pas de chercher à protéger l’autre, à le sécuriser…
Paul : Pourquoi ?
Élodie: Parce que le cadre référentiel, ma posture, ma présence, suffisent pour « sécuriser » la relation. Je n’ai pas besoin « d’en faire plus » et encore moins de laisser surgir mon côté maternant !!
Paul : Et ?
Élodie (Sourire) : Il ne s’agit pas que je guide, mais de faciliter l’émergence d’un espace relationnel respectueux, contenant, où l’accompagné peut se découvrir lui-même, sans que je cherche à influencer en quoi que ce soit son expérience !
Conclusion
Ce que Élodie vient de réaliser est essentiel. « Prendre soin », c’est vouloir protéger, aider, réparer…mais cela limite l’autonomie de la personne coachée.
Tandis que « être au soin de la relation » permet de recevoir, d’accueillir pleinement l’expérience du client sans chercher à en contrôler son cheminement.
C’est en quelque sorte respecter et honorer la rencontre, sans projeter ses ressentis, ni polluer par une surprotection.
Osez explorer et laissez-vous surprendre par ce « être au soin de la relation » !
Roger Daulin, Mentor
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