Pas étonnant que, dans un monde gouverné par l’image, se dire coach de vie soit si populaire. Nous avons tellement d’exemples en ce moment :
Des politiques qui clament haut et fort certains actes alors que dans les faits, il n’en est rien.
Des personnes qui photographient leurs vies si parfaites, alors qu’une fois la lumière éteinte, celles-ci sont bien moins idéales.
Des discours officiels qui laissent volontairement dans l’ombre des informations pour éviter les remises en question (dans le sens de questionner).
Bon la liste est longue, alors je m’arrête là !
Ces exemples illustrent parfaitement que dire n’est pas faire. Et encore moins être.
Sortons de l’illusion des apparences. Se dire coach de vie n’est pas être coach de vie.
Le coaching de vie est un métier qui s’apprend !
A l’heure de l’IA (1), vivez avec votre temps ! Pas besoin d’une formation spécifique en coaching de vie…
Quelques propos entendus de-ci de-là mais la liste n’est pas exhaustive.
« Depuis toujours j’aide les gens et tout le monde me dit que je suis coach de vie. »
« Je me connais très bien car j’ai suivi plein de formations et j’ai beaucoup travaillé sur moi. Je sais comment l’être humain fonctionne. »
« J’étais une personne en manque de confiance. J’ai lu des livres et écouté des podcasts et aujourd’hui, je ne suis plus la même personne. Je peux aider les autres à faire pareil. Je me sens appelé.e à mettre mon expérience au service des autres. »
« Pendant x années, j’ai travaillé dans le monde – de l’entreprise/ de la santé/ de l’éducation/ de la formation/etc.- et je veux mettre mes compétences acquises au service des autres. »
Avant tout, je tiens à dire bravo à toutes ces personnes. Mon propos n’est pas de minimiser leurs parcours, leurs évolutions, leurs connaissances et leurs aspirations.
Avant de passer à la suite de la lecture, je vous invite à repérer dans ces phrases les endroits où cela dissone avec le métier de coach de vie.
Moi, moi et moi…
Dans les exemples précédents, le « Je » s’est expansé jusqu’à se confondre et à fusionner avec le Je des autres.
L’envie d’aider se confond avec nos capacités naturelles à nous relier les uns aux autres.
Sans le vouloir, nous sommes en mode sauveur des autres.
Bienvenue dans le triangle dramatique !
Le je égotique pousse
- à penser ressemblance : par exemple, nous sommes quelqu’un de très organisé. Et c’est tellement facile pour nous que nous pensons que c’est la clé de la réussite. Car c’est une valeur forte… chez nous.
- à se projeter dans la vie des autres : par exemple, la méditation m’a tellement aidé.e ! Je vais t’apprendre à méditer. Car elle s’est avérée être une stratégie essentielle… pour nous.
Sans le vouloir, nous avons basculé en mode bourreau pour les autres.
De ce fait, notre relationnel est toujours sur le même mode : que puis-je faire pour t’aider ? Et nous nous épuisons. Ce propos d’une infirmière l’image pleinement : elle ramenait chaque soir tous ses patients dans son sac à dos.
Alors vient l’épuisement. Parfois aussi le sentiment que nous faisons beaucoup pour les autres sans vraiment de retour.
Sans le vouloir, nous avons basculé en mode victime.
N’est-ce pas fou de penser que nous fonctionnons tous pareillement ? Quand on voit déjà, dans nos propres vies,
- à quel point notre mental a des difficultés à sortir de ses formatages
- nos difficultés à nous vivre dans notre entièreté (corps-mental-émotions-énergies) et dans le présent
- à parvenir à écouter et suivre ce qui nous convient réellement

Le coaching de vie, un métier
Je vous invite à parcourir notre site (2) pour en apprendre plus sur le coaching de vie et les compétences que ce métier demande.
Je voudrais juste mettre en avant certains éléments que nous apprenons avec ce métier :
- Nous accompagnons nos clients dans leurs changements : nous ne les poussons-tirons pas. Nous ne sommes pas sachants (pas au-dessus). Nous sommes « présents » (pas en- dessous).
- Nous proposons un espace relationnel ouvert et sans jugement qui appelle à la responsabilité et à l’autonomie : nous avons confiance en les capacités de nos clients à savoir ce qui est juste pour eux.
- L’art du questionnement encourage nos clients à révéler leurs besoins profonds bien au-delà de ce que leurs conditionnements leur avaient suggéré. A poser des actes en lien avec qui ils sont réellement.
Savoir écouter, accueillir, accompagner nécessite un espace relationnel équilibré. Un endroit qui ouvre un espace de liberté tout en étant sécurisant. Qui permet à nos clients de vivre leurs changements le plus sereinement possible. D’être totalement aux rênes de leurs choix de vie.
Se dire coach de vie sans formation, quelles sont les dérives ?
Devenir un gourou ! Pas au sens noble originel du terme mais au sens de manipulateur : suivez-moi ! Je vous sauverai…
Mise en danger de l’autre :
- Par manque de conscience des conséquences en lien avec la notion de souveraineté.
- Par manque de connaissances appropriées à la pluralité des êtres humains.
- Par manque d’outils solides à sa disposition pour accompagner.
- Par manque de supervision.
Ces manques mènent à jouer avec les émotions et la sensibilité des personnes… sommes-nous prêts à en vivre les conséquences ?
Mise en danger de soi en étant dans un positionnement inadéquat : l’épuisement nous attend au bout de cette voie. J’ai souvent entendu : « pourtant je leur dis bien que je n’ai pas la solution, mais ils ne m’écoutent pas ! »
***Petite recommandation avant de commencer une mission avec un.e coach de vie : demandez à voir sa certification et posez-lui des questions ! ***
Changeons d’angle de vue
Nous pouvons penser que toutes les personnes qui se disent coachs de vie sans formation sont des escrocs, des manipulateurs, des irresponsables, etc.
Voici une autre grille de lecture peut-être audacieuse.
Si autant de personnes se disent coachs de vie ou si ce métier les interpelle, c’est peut-être pour répondre à un appel puissant.
A l’heure d’un monde en profonde mutation, des extrêmes et des clivages autant intérieurs qu’extérieurs et de la manipulation émotionnelle, le coaching de vie appelle à écouter nos besoins profonds. A nous souvenir de l’être que nous sommes au-delà de nos apparences. Il appelle à des relationnels respectueux de tous. A la responsabilité de ses choix. Il appelle à vivre son présent en conscience en mode épanouissement et non pas uniquement performant.
Je laisse à chacun.e le soin de revisiter tout ce que nécessite le métier de coach de vie avec les éléments cités plus haut.
Que vous souhaitiez exercer ce métier ou apprendre à vous positionner autrement dans vos propres disciplines, se former au coaching de vie (3) est un atout non négligeable.
Alors, vous ne serez pas de celles et ceux qui s’autoproclament coach de vie ! Vous en aurez les compétences et pourrez clamer en toute légitimité : je suis coach de vie !
***Petite recommandation avant de commencer une formation en coaching de vie : renseignez-vous et posez des questions ! Fuyez les formations express sans aucune pratique supervisée en présence des formateurs***
Patricia Verneret, coach de vie, superviseuse FCV
- Lisez notre article à propos de l’IA coach : https://www.federationcoachingdevie.org/coaching-de-vie-l-ia-un-concurrent/
- Découvrez les fondamentaux de la profession de coach de vie : https://www.federationcoachingdevie.org/category/profession-coach-de-vie/
- Les organismes de formation agréés FCV : https://www.federationcoachingdevie.org/organismes-de-formation-agrees-fcv/
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