L’équilibre délicat du cadre

Publié par FCV le

L’équilibre délicat du cadre

 

Tout professionnel du coaching le sait : un « cadre » solide est indispensable. Il sera une sécurité pour son client qui s’en trouvera rassuré,  comme un phare ou une rampe qui l’aidera à maintenir son cap ou garder son équilibre. Il sera également un allié précieux pour le coach, s’il s’avérait nécessaire pour lui de ne pas entrer dans le « je » de son client.

Cependant, sa souplesse- élasticité est très importante car des mouvements vont le faire bouger… au risque de le déloger ou de le faire rompre ! Il  va devoir résister aux intempéries.

Il est peut-être aussi nécessaire de rappeler que le cadre n’est que contour, il est vide à l’intérieur, histoire d’éviter que la vie du coach (son vécu et ses opinions) ne le remplisse, rendant impossible sa mise à disposition pour son client.

Le cadre 

Le poser, d’accord mais comment ? Plusieurs éléments vont en créer les contours :

  • Le contrat : un contrat écrit pose les règles et les engagements mutuels
  • La posture du coach : soutenir et accompagner sans tirer ni pousser…
  • Le questionnement : ouvert et non (implicitement) directif 
  • L’objectif : une direction qui permettra un élan du présent vers le futur

Une fois posé, à la fois officiellement (par écrit) et officieusement (car induit par le coach lui-même), que devient-il ?

Un contenant

Au début d’une mission de coaching, la personne accompagnée peut déposer en vrac ses peurs, ses pensées, sa souffrance, ses espoirs, parfois ses rêves et ses émotions fulgurantes… qui sont plutôt de l’ordre du « bordel déstabilisant ». Le cadre va alors aider à canaliser et contenir : comme pour l’eau d’un torrent qu’on doit laisser couler tout en l’empêchant de déborder pour éviter les dégâts.

En fin de mission,  le cadre va aider à canaliser l’ivresse, l’allégresse-joie induite par la vie intérieure qui pétille dans tous les sens et qui pourrait conduire aux décisions trop hâtives.

Dans les 2 cas, tout en soutenant la dynamique, il empêchera l’éparpillement,  permettra de maintenir un équilibre (pas absolu mais en cohérence avec l’objectif et les choix de vie de son client), proposera un espace serein… comme un filet de sécurité qui laisse une liberté totale sans risque de se blesser.

Un dispositif souple 

Malgré le cadre induit par l’objectif précis, il est possible, par exemple, que la personne accompagnée ait besoin de visiter une problématique hors mission tout simplement parce que cela l’empêche d’être totalement présente dans son « ici et maintenant ». L’obstacle peut parfois boucher la vue et donc pousser au découragement par manque d’une vision claire.

Ses contours vont donc se dilater dans un sens comme dans un autre. Le tout est d’être vigilant pour  ne pas aller jusqu’à sa rupture ou jusqu’à un espace intérieur trop petit pour respirer ou se mouvoir !

Un repère

Des déséquilibres et des réalignements vont se suivre et se poursuivre… Il est alors possible que la personne accompagnée se décale, passe hors cadre le temps d’une séance.

L’art du coach consiste aussi à être celui qui ne bouge pas dans sa posture tout en accompagnant le mouvement de son client. Lorsqu’on navigue à vue, que le brouillard envahit l’espace, le phare sert de repère pour ne pas se perdre en chemin.

Sur le chemin d’une mission, un avertissement apparait de temps à autre : « nous entrons dans une zone de turbulences : veuillez attacher vos ceintures pour votre sécurité… »

Que l’on soit coach débutant ou confirmé, plus le cadre sera clair pour tous, plus il sera d’une aide précieuse dans la dynamique coach-coaché !

Texte Patricia Verneret

Coach de vie et présidente FCV


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