Mieux gérer mon temps de travail !

Publié par FCV le

Emilie R. est une femme de 35 ans, récemment promue dans son entreprise. Elle assume désormais la responsabilité d’un service de formation et anime une équipe de trois personnes. Tout semble bien aller pour elle à première vue. Cependant, Emilie R. sollicite le soutien d’un coach de vie car elle se sait désorganisée. Elle peut facilement, dit-elle, entreprendre plusieurs actions sans les « prioriser », oublier certains rendez-vous, courir après le temps, arriver plus d’une fois en retard à des entretiens professionnels et à des réunions.

« Je viens pour apprendre à mieux gérer mon temps de travail » me confie Emilie R. « Je me sens si agitée parfois, désorganisée, et cela m’exaspère d’aller dans tous les sens » précise-t-elle. « J’ai pourtant suivi plusieurs formations sur la gestion du temps ou l’organisation du temps de travail, mais rien n’y fait. Mes bonnes résolutions ne durent que quelques jours… » explique-t-elle.

Émilie R. est inquiète. Elle sait qu’elle va devoir montrer dans sa nouvelle fonction, sa capacité à coordonner des actions et le travail de ses collaborateurs, à déléguer et à mettre en place une réelle gestion et planification de nombreux plans de formation. Emilie R. n’arrête pas de dire « qu’elle est désemparée, stupide et conne lorsqu’elle part en vrille ». Elle pointe d’un doigt accusateur sur ce qu’elle considère être son problème, c’est-à-dire : elle-même ! Elle s’identifie à cette désorganisation programmée et elle en guette tous les symptômes avant-coureurs. Elle est constamment sur le qui-vive, prête à s’auto-flageller, à se disqualifier par avance. Une immense énergie est consacrée à repérer les manifestations de son désordre tant annoncé ! Cette veille siphonne en grande partie sa vitalité. Elle tourne en boucle et cette répétition de fonctionnement « me stresse et m’épuise » répète-t-elle.

Une fois sa demande posée, par des questions ouvertes mon rôle a consisté à maintenir un accompagnement dont l’intentionnalité a été de rapprocher Émilie R. de ses besoins profonds, fidèle en cela aux fondamentaux du coaching de vie.  Après avoir nié l’existence même de besoins particuliers, évité plus d’une fois de préciser ce qu’elle ressentait dans son corps, et tenté « de prendre la tangente » comme elle en a convenu plus tard, Emilie R. a concentré son intérêt sur un souvenir datant de son enfance et adolescence. « Que vient-il faire ici ce souvenir ? » se questionna-t-elle. Je perçus soudainement un changement dans le rythme de parole d’Emilie R., sa main se porta à sa bouche, puis son corps se mit à trembler. Quelque chose venait de remonter brutalement à sa mémoire ! D’une voix vacillante, elle  me murmure : « J’entends les paroles de mon père… il me dit avec colère : Tu es et tu seras toujours brouillonne toute ta vie ma fille, d’ailleurs c’est la seule chose dont tu es capable ! ».

Ce message aliénant, Émilie R. l’a entendu des milliers de fois dans son enfance et jusqu’à la fin de ses études. Cette injonction parentale est revenue soudainement à sa conscience. Elle avait été enfouie quelque part mais elle agissait en silence avec une terrible efficacité. Sur le coup de cette irruption jusqu’alors inconsciente, Emilie R. accuse le coup, les larmes jaillissent, puis de la colère se manifeste de plus en plus fortement. Elle martèle l’accoudoir de sa chaise, élève la voix : « J’ai donné vie et entretenu cette phrase parentale sans le savoir et ce, pendant des années, comme pour donner raison à mon père ! » Emilie R. est défaite. Elle en veut terriblement à son père. Mais aussi à elle-même pour avoir cautionné cette injonction parentale. Cette séance fut décisive pour Emilie R. Puis après un long moment silencieux, elle rajoute : « L’image qui me vient, c’est celle d’un évier bouché qui vient enfin de désobstruer. Le bruit, le tourbillon de l’eau, la sensation de quelque chose qui s’allège me font vivre une dépression heureuse( !). Quelque chose s’échappe et qui ne m’appartient pas et que pourtant j’ai entretenu dans mon quotidien si longtemps ». Emilie R. est tout à la fois triste, épuisée et soulagée…

Les séances qui ont suivi ont été très différentes des précédentes. Émilie R. a posé rapidement un objectif de mission qui n’a rien à voir avec sa demande première mais qui correspond au plus juste à son besoin actuel et en lien avec ce qui l’anime intérieurement. « Cette injonction parentale faisait obstacle à ce dont je suis capable » évoque Emilie R. « Ma demande première lors de notre rendez-vous, je le sens avec force, est aujourd’hui dépassée. J’ai besoin de rassembler MES moyens, MES capacités, MES potentialités, mon objectif est dorénavant celui-ci et vous verrez, je deviendrai une pro de l’organisation ! » me dit-elle avec un large sourire !

Encore une fois, cet exemple conforte la nécessité pour le coach de vie d’accompagner la personne au-delà de sa demande première. Celle-ci n’est souvent qu’un prétexte. Le coaching de vie questionne sur des besoins réels, des ressentis profonds, des mémoires corporelles évitant ainsi de se fixer sur une demande première, qui très souvent, n’est que l’arbre qui cache la forêt. La demande est le prétexte d’un rendez-vous. Ce qui est exprimé à ce moment précis est de l’ordre le plus souvent d’une « petite histoire ».  La Grande Histoire est à cet instant encore dans l’ombre, quelques fois même inconsciente, ou si fragile qu’elle se donne du temps pour se révéler.

La démarche même du coaching de vie rend possible et facilite l’émergence de cette Grande Histoire, portée par des besoins fondamentaux, par la nécessité intérieure de s’épanouir et de s’accomplir que ce soit dans son travail, dans sa vie intime, relationnelle et sociale. Ce dispositif coaching de vie est à même de favoriser un processus de changement, petit ou grand.

Et où en est aujourd’hui Émilie R. ? Cela fait plus de quatre ans qu’elle a terminé son coaching de vie. Si j’évoque ce témoignage, c’est qu’Emilie R. a eut la gentillesse de m’adresser un message il y a quelques semaines où elle évoque sa nouvelle promotion dans le service Ressources Humaines dans lequel elle a assumé la responsabilité du service formation avec succès, si j’en crois ce qui va suivre. Et m’assure-t-elle « Je suis efficace à mon poste, devenue organisée et prévoyante, avec une confiance en moi qui me permet aujourd’hui d’assumer un autre poste, celui de Responsable Ressources humaines au siège social de mon entreprise. Merci le coaching de vie ! »

Roger DAULIN

Ecol’COACH

Organisme de formation au métier de coach de vie

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