Coaching de vie : un accompagnement sans tiédeur !

« Il faut se protéger ! », entend-on souvent dans les milieux de l’accompagnement et autres. Mais se protéger de qui ? De quoi ?

Cette injonction révèle une tension implicite : accompagner serait-il un exercice périlleux ?

Faut-il ériger des barrières entre soi et la personne accompagnée pour éviter d’être affecté ?

Ou bien cette idée traduit-elle une confusion entre la nécessaire « neutralité-bienveillante (1) » et une posture de distanciation qui pourrait s’apparenter à une forme d’indifférence ?

Accompagner : un miroir révélateur

Accompagner, c’est avant tout entrer en relation avec l’autre dans ce qu’il est, là où il en est et avec ce qu’il nous renvoie. La personne accompagnée devient un miroir, un reflet parfois troublant de nos propres failles et vulnérabilités. Ce qui devient alors un face-à-face peut être inconfortable, mais il est aussi profondément humain : ce que nous reconnaissons en l’autre, bien souvent c’est ce qui nous habite aussi.

S’en protéger reviendrait alors à éviter ce que cet autre nous donnerait à voir de nous-mêmes sans pour autant éviter les émotions ou le malaise. Loin d’être un danger, cette rencontre est une opportunité : accueillir ce miroir, c’est aussi s’accueillir soi-même avec lucidité.

Compassion (2) et empathie : une nuance essentielle

Dans cette dynamique, la compassion joue un rôle bien différent de l’empathie. L’empathie consiste à se mettre à la place de l’autre, à ressentir ce qu’il ressent, au risque parfois de s’y perdre.

La compassion, elle, reconnaît le mal-être sans s’y engloutir. Elle permet d’être présent, engagé, sans fusionner, sans se confondre. Être dans la compassion, c’est entendre, accueillir, et offrir un espace d’existence à ce qui est vécu par l’autre, sans chercher à en devenir le protagoniste.

Le corps, lieu de l’accompagnement

Accompagner ne se fait pas uniquement par l’esprit et la parole. Le corps lui-même est engagé, et tout accompagnant travaille avec son propre corps, ses ressentis, ses éprouvés au plus profond de ses entrailles. Comment accompagner sans être traversé par ce que l’on perçoit, sans sentir dans son propre souffle, ses propres tensions, ce que l’autre exprime ?

Le corps est ce premier outil de présence, de réception de l’autre. Il s’efforce d’être ancré, vibrant, sensible, et par conséquent vivant. Il constitue un espace où la rencontre se joue avant même que les mots s’énoncent.

Dans cet accompagnement incarné, il ne s’agit pas seulement d’écouter, mais aussi de ressentir, d’accueillir ce qui passe à travers soi sans le rejeter ni s’y perdre. Être pleinement dans la présence à l’autre, c’est aussi être dans la présence à son propre corps, à ce qu’il dit en silence, aux mouvements qu’il autorise ou contraint.

Accompagner, un engagement corporel et humain

Accompagner ne peut être tiède. C’est un engagement entier, qui convoque la parole, la pensée, mais aussi le corps et ses éprouvés. C’est un acte d’humanité où le miroir de l’autre nous interpelle, où la bienveillance vient offrir un espace sécurisant sans tomber dans la fusion.

Accompagner, c’est entrer pleinement à la relation sans jamais s’y dissoudre, c’est faire de la place à l’autre en soi, à soi, et à ce qui se vit dans cette profonde rencontre humaine.

Roger DAULIN Superviseur FCV coaching de vie

  1. La notion de « neutralité-bienveillante », avec son trait d’union, souligne une articulation essentielle entre deux attitudes qui peuvent sembler opposées mais qui, dans l’accompagnement, doivent être indissociables. La neutralité, d’une part, évoque une posture non-jugeante, une capacité à accueillir l’autre sans imposer de regard normatif ou interventionniste. Elle permet à la personne accompagnée de se sentir libre d’exister pleinement, sans craindre d’être influencée ou orientée par les projections de l’accompagnant. Bienveillance, d’autre part, marque l’engagement d’être présent avec attention, humanité et respect. Il ne s’agit pas d’une neutralité froide ou distante, mais d’un accueil chaleureux, qui crée un espace sécurisant et propice à l’expression et à l’évolution.
  2. Compassion : Dans le sens d’être accessible à l’éprouvé de l’autre, par sensibilité et humanité. Source Le Petit Robert de la langue française 2020

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Catégories : Ethique et posture

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