Depuis toujours, l’écosystème entrepreneurial traverse des crises (1).

Depuis toujours les entreprises -petites, moyennes et grandes- ont dû faire face à des chocs financiers, économiques, sanitaires, énergétiques, géopolitiques ou technologiques. Toutes les générations d’entrepreneurs et d’entrepreneuses ont connu l’incertitude, les ruptures, les bouleversements.

Et pourtant, les entreprises continuent d’exister, d’évoluer, de se réinventer. Parce qu’une crise ne signifie pas automatiquement la faillite, ni la fin de l’activité.

Dans chaque crise il y a aussi des opportunités (2). Des adaptations à inventer, des trajectoires à revoir, des décisions parfois difficiles à prendre, des rebonds possibles.

J’entends aujourd’hui beaucoup d’entrepreneurs et entrepreneuses coachs de vie douter profondément. Douter de leur activité, de leur légitimité, de leur visibilité… parfois même jusqu’à l’appellation de leur métier.

Notre métier subit un vrai bashing !

Notre métier subit un vrai bashing : « Le coaching ne veut plus rien dire ». « Il y a des coachs partout ». « Personne ne prend ça au sérieux ». « C’est une mode ».

Nous l’entendons tous.

Eh oui, il existe des excès, des dérives, des discours creux. Nous ne pouvons pas le nier. Mais je pense sincèrement que le problème n’est pas le coaching de vie lui-même. Le vrai problème, c’est souvent la manière dont nous le présentons, l’expliquons, le réactualisons -ou pas- et la façon dont nous l’incarnons sans oublier les valeurs dont il est porteur. Et sans compter également sur la façon dont nous l’adaptons aux personnes et au monde qui nous entourent.

N’oublions pas… derrière le terme « coaching de vie », il y a quelque chose de profondément humain.

Pour moi, le coaching de vie n’a jamais été une histoire de recettes miracles ou de phrases toutes faites. C’est un accompagnement. Une présence. Une écoute. Une capacité à être à côté de quelqu’un qui traverse une période complexe, et qui cherche à retrouver de la clarté, du mouvement, du sens ou simplement un peu d’air.

Et je crois profondément que ce besoin existe plus que jamais.

Je le vois auprès de chefs d’entreprise épuisés par les responsabilités. Je le vois auprès de responsables d’activité sous pression permanente. Je le vois auprès de personnes en plein questionnement personnel, perdues entre fatigue, perte de sens, envie de changement ou besoin de se retrouver.

Mais surtout, il est temps de rappeler une chose essentielle : le coaching de vie n’est pas un produit standardisé.

Nous ne sommes pas là pour faire entrer des êtres humains dans des cadres préfabriqués. Nous ne sommes pas là pour appliquer mécaniquement des méthodes toutes faites, des scripts, des protocoles figés ou des programmes copiés-collés. Le véritable accompagnement est vivant. Il est singulier, humain, en somme un accompagnement ciselé sur mesure, véritable travail d’orfèvrerie relationnelle, où s’exprime un art délicat de la rencontre.

Le coaching de vie est toujours apparu comme une réponse plus « humaine » aux crises économiques et organisationnelles.

Ne soyons pas les cordonniers mal chaussés !

Ne nous limitons pas à une étiquette. Ne nous crispons pas sur elle. Ce qui compte aujourd’hui, c’est notre capacité à écouter, à nous adapter et à proposer un accompagnement vivant, sur-mesure, en phase avec les réalités du monde économique d’aujourd’hui et les besoins profonds des individus.

En situation de crise économique, réinventons notre façon de nous présenter auprès des dirigeants, des acteurs économiques comme auprès des particuliers.

Osons de nouvelles formes d’accompagnement, de nouvelles prestations, plus créatives, plus ancrées dans les besoins actuels. En somme, appliquons à nous-mêmes ce que nous transmettons à nos clients : évolution, souplesse et remise en question. Ne soyons pas les cordonniers mal chaussés !

Comment un coach de vie peut-il se réinventer ?

Peut-être en sortant des cadres habituels. En allant là où les besoins sont réels : dans les entreprises, les périodes de transition, les enjeux humains du travail, la solitude des dirigeants comme des particuliers, la perte de sens, les tensions relationnelles ou encore la quête d’équilibre.

Se réinventer, c’est aussi créer des accompagnements plus souples, plus ciblés, plus concrets. Ateliers, interventions ponctuelles, espaces de parole, accompagnement collectif, prévention, soutien à la prise de décision, intelligence relationnelle… les possibilités sont nombreuses.

Innover ne veut pas dire renier son métier. Innover, c’est animer ses valeurs profondes autrement. Cela demande simplement d’écouter son époque, d’observer les nouvelles attentes et d’oser proposer autrement. Oser…

Les crises ont montré qu’un coach de vie gagne en solidité lorsqu’il développe une diversité d’approches, lui permettant d’accompagner des besoins humains en constante évolution.

La diversification est déjà importante dans le fonctionnement naturel d’une activité, mais elle devient encore plus essentielle en période de crise économique, lorsque les besoins, les attentes et les équilibres évoluent rapidement.

Si ce mouvement de diversification n’est pas encore amorcé, c’est sans doute le bon moment pour s’y engager !

Le monde change en permanence. Les besoins humains, eux, restent profonds. A nous d’inventer la manière juste d’y répondre.

Ne nous crispons pas sur les mots

Avec mon expérience de coach de vie dans les entreprises comme auprès des particuliers, il m’a fallu me réinventer… ou plutôt m’adapter aux besoins réels des personnes. Comprendre leurs préoccupations, leurs pressions, leurs solitudes, leurs responsabilités. « Coller » à leurs problématiques dans la communication -sans jamais me confondre avec elles- pour pouvoir innover dans ma manière d’accompagner. Dans la forme principalement…

Et ne nous crispons pas sur une appellation.

Je pense notamment à celle de « coaching de vie ». Elle est souvent critiquée à tort. Cette crispation sur les mots est un faux problème, une forme de défouloir ou de refuge, une manière d’éviter la vraie question : comment continuer à accompagner de façon juste et utile dans le monde aujourd’hui ?

Le mot « coaching » devient parfois un exutoire. On lui fait porter nos désillusions, nos peurs, ou les difficultés du secteur, alors que le véritable enjeu est ailleurs : notre capacité à évoluer et à inventer de nouvelles formes d’accompagnement en témoignant, encore et encore, des valeurs humanistes profondes inhérentes à ce métier.

Alors non, je ne crois pas que le coaching de vie soit devenu inutile.

Je pense au contraire qu’il doit évoluer, s’adapter, innover, gagner en clarté, en exigence et, de fait, en crédibilité.

Et surtout, je pense que nous devons mieux répondre aux besoins réels d’aujourd’hui .

Car les clients ne viendront pas simplement parce que nous nous appelons « coach de vie », c’est certain !

« Il faut aller les chercher là où ils se trouvent avec leurs questionnements » me disait un coach senior il y a quelques années. A nous coachs de vie, de proposer des accompagnements utiles, concrets, humains et surtout adaptés au monde actuel.

A nous de sortir des discours génériques et des promesses vagues. A nous d’incarner pleinement les valeurs de l’accompagnement. Et d’être authentique en tant que coach de vie, relié à nos valeurs essentielles.

Alors oui, le coaching de vie mérite mieux que le bashing actuel.

Parce qu’au fond, dans toutes les périodes de crise, de transition ou de transformation, les humains auront toujours besoin d’humains.

Roger DAULIN Superviseur FCV coaching de vie

  1. Pas moins de 6 crises depuis l’année 2000 ont eu un impact psychologique important à la fois sur les entreprises et les particuliers en France. Pour rappel : 2000/2002 Bulle internet avec ralentissement économique. 2008-2009 crise financière mondiale avec récession et chômage. 2010-2013 crise des dettes européennes avec austérité, faible croissance. 2018-2019 gilets jaunes avec tensions sociales. 2020-2021 Covid 19 avec une récession historique. 2022-2024 inflation et énergie avec hausse des prix, perte de pouvoir d’achat et en 2026 guerre en Iran et choc pétrolier. Ces crises ont modifié durablement les comportements.
  2. Au moment de la Guerre du Golfe (2 aout 1990-28 février 1991), j’ai subi la contraction brutale de l’économie. Les cabinets conseil en Ressources Humaines, jusque-là portés par une forte croissance, ont vu leur activité s’arrêter presque du jour au lendemain. Les entreprises ont gelé tous leurs projets d’embauche. Pendant des mois, nous avons dû apprendre à survivre autrement.

      Mais une crise révèle aussi de nouveaux besoins. Très vite, j’ai observé que les entreprises ne cherchaient plus à recruter, mais à préserver leurs forces vives : maintenir la motivation des équipes, renforcer la cohésion, développer les potentialités et la créativité et accompagner les salariés dans une période d’incertitude.

      C’est ainsi que de nombreux consultants ont réorienté leur activité, se sont formés à l’accompagnement et à la gestion des ressources internes. Et j’ai vu émerger, à ce moment-là, un immense champ d’opportunités pour le coaching de vie qui a trouvé en France une véritable rampe de lancement.

      Cette période m’a appris une chose essentielle : les crises obligent à se réinventer. Ceux qui savent écouter les besoins réels du moment, et accompagner les transformations humaines trouvent souvent, au cœur même des difficultés, les plus belles opportunités de rebond.

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      Catégories : Développement

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