Accompagner l’être dans sa profondeur : une dimension résolument humaniste du coaching de vie

Publié par FCV le

ACCOMPAGNER L’ÊTRE DANS SA PROFONDEUR : une dimension résolument humaniste du coaching de vie

Le coach de vie –ou le coach humaniste- accompagne la profondeur de l’Être, cette « ressource de l’intime »(1), cette puissance de vie capable de porter, de pulser et de transformer. Cette profondeur de l’Être est tout à la fois une énergie, un mouvement et un refuge. C’est une ressource dont chacun bénéficie dès lors qu’il se donne la possibilité de l’accueillir en conscience. Cette profondeur de l’Être est un espace de réparation, de ressourcement mais aussi de renouvellement et de réorientation. Lorsqu’il s’agit de s’accorder du sens dans ses choix et de donner de la consistance et pas seulement dans sa vie mais aussi dans son existence, cette profondeur de l’Être est vitale.

Parménide, un philosophe grec présocratique, à la fin du VIème siècle av J.C. définissait le concept de l’Être par ces formules : « Être un être, c’est exister » ou bien « L’Être, c’est ce qui est ». L’Être est non seulement engagé dans nos pensées, dans nos émotions, dans nos comportements, dans nos états de conscience mais dans tout ce qui est notre existence. Il est à la fois à l’origine de chaque chose mais aussi présent dans le déploiement de chacune des expressions et des formes. Être et exister est la seule et même chose. L’Être est présence au monde, à ce qui existe.

Heidegger évoque l’Être en précisant qu’il est la source spirituelle fondamentale de toutes choses. Il précise que l’Être est la totalité « indistinguable » du monde. Spinoza parle d’unicité et en même temps multiplicité des formes de l’Être.

La relation d’accompagnement coaching de vie facilite l’accès à cette dimension intérieure. La connexion avec cette profondeur de l’Être crée de l’émerveillement et de l’évidence. Quel que soit le prétexte qui engage le processus d’accompagnement, le besoin fondamental de chacun est de se relier à sa vérité intérieure, à son intime de soi, à son Soi. S’abreuver à cette source procure une sensation de plénitude : celle d’exister.

Cette profondeur de l’Être est plus qu’une zone de confort. L’apaisement qui en émerge lorsque cette dimension est interpelée, s’étale discrètement mais résolument. Ce qui a été charrié par l’histoire personnelle trouve à cet endroit, un abri, un lieu où se poser, se ressourcer et panser ses plaies. Cette profondeur de l’Être est un espace d’hospitalité : un espace et une dynamique tout à la fois qui questionnent, creusent, bousculent et cicatrisent si nécessaire.

La profondeur de l’Être n’est pas une énergie dormante, sage et déjà nourrie d’une vérité dominante. Beaucoup l’imagine comme un long fleuve tranquille… Elle est, en fait, animée de mouvements, de conversions et d’allègements multiples. Elle produit ce qui se vit au plus juste pour soi dans l’instant mais elle n’est justesse que parce que des ajustements permanents s’incarnent. Là comme ailleurs, dans cette profondeur comme à la surface des choses, le mouvement est permanent. L’Être transporte ainsi des vérités successives influencées par l’ici et maintenant. Existe-t-il un lieu en soi où préside une vérité pré établie, hiératique et immuable ? Eloignons-nous de cette croyance, elle ne peut-être que porteuse d’illusions, de pensées magiques, de quêtes stériles et de tensions inutiles.

Cette profondeur de l’Être, ou plus précisément « l’Être dans sa profondeur », est traversée par des énergies autant exploratrices que conservatrices. Des mouvements se déploient, s’intériorisent et s’extériorisent, c’est selon… Quelles que soit les manifestations, en profondeur ou à la surface des choses, l’Être est indivisible. Il n’est pas une entité à part, logée quelque part dans le corps. L’Être, dans ses manifestations répétitives, conditionnées –il est alors nommé le « Moi »- ou dans ses mouvements vitaux s’exprimant et s’ajustant dans sa profondeur –il appelé le « Soi »- il est une seule et entière dynamique. L’Être est à la fois « le Moi et le Soi », primaire et secondaire tout à la fois, parfois à peine dégrossi, parfois d’une subtilité désarmante. L’Être est tout à la fois le yin et le yang, le féminin et le masculin en soi, les forces conservatrices comme innovatrices.

ACCUEILLIR L’ÊTRE DANS SON ENTIERETE C’EST ENTENDRE ET LAISSER RESONNER

UNE DIMENSION SANS LIMITE, SANS FIN, SANS FOND, SANS DIVISION

Accueillir l’Être dans son entièreté et l’accompagner, c’est entendre et recevoir une dimension sans limite, sans fin, sans fond et sans division. Cette dimension sans bornes est féconde, disposée à nourrir l’Être dans sa globalité de pensées nouvelles et de comportements inusités. Elle apporte à un quotidien blasé et peu conscient, la ressource d’exister, quelque fois en bousculant, en questionnant et en renversant une facette infantile ou sclérosée d’elle-même. C’est ainsi qu’une partie de l’Être fait de la place ou se laisse influencer par « un plus intérieur, un plus créatif » engageant, ressourçant, évolutif et transformateur.

Accompagner c’est accueillir toutes les facettes de l’Être, dans ce qu’il a de plus fécond, délicieux et intime comme dans ses positionnements les plus réactionnaires. L’Être est porteur à la fois de ce qui est profond et superficiel, disposé à se fermer comme à s’ouvrir.

L’ÊTRE EST L’ASSISE DE L’HOMME

L’Être est l’assise de l’homme. Il est ce socle sur lequel il s’appuie et il puise. Il peut être audacieux dans ses explorations comme timoré dans son quotidien. Il a la facilité à s’enliser dans ses habitudes qui poussées à l’extrême sont mortifères. Le client, en situation de sujet accompagné, que va-t-il laisser émerger de son Être ? Se sentira-t-il menacé dans son espace d’intimité en l’exprimant ? Préfèrera-t-il communiquer avec une parole creuse, déconnectée de sa profondeur ou bien au contraire se nourrir de celle-ci ? Que fera-t-il comme choix ? Va-t-il opter pour des possibles qui l’ouvrent à lui-même ou se contenter de répéter les mêmes comportements usés jusqu’à la corde ? Va-t-il réitérer des mouvements de nuisance ou va-t-il s’offrir une délivrance ? Accouchera-t-il de lui-même ? Ces questionnements sont à l’œuvre dans la relation d’accompagnement coaching de vie, que le client demeure dans ce qui est révolu ou décide de franchir la frontière qui le sépare de sa capacité à exister vraiment au plus juste de ses besoins, ce choix lui appartient.

En revanche, le coach de vie a la responsabilité de l’accompagner sans visée, sans intention, sans vouloir ce qui peut apparaitre de l’extérieur comme « meilleur pour son client ». Il propose à l’accompagné « un départ possible à quelque chose d’autre » mais la décision « d’y aller ou pas » restera celle du client. Nous ne pouvons rien pour l’autre tant que ce dernier n’éprouve pas « le besoin de s’y rendre ».

LA VERITE DE SA VIE NE PEUT ÊTRE ECRITE QUE PAR SOI-MÊME

La vérité de sa vie ne peut être écrite que par soi-même. Oser sa vie reste le plan le plus audacieux pour chacun. La question qui se pose dans l’accompagnement est celle-ci : jusqu’où le client est-il disposé à cheminer ? Lui-même d’ailleurs ne le sait pas avant de vivre l’accompagnement. Aussi, l’éthique du coaching de vie est de mettre en place le dispositif d’accompagnement le plus dénué d’a priori afin que le client bénéficie de la perspective la plus ouverte, la plus riche, la plus fertile, la plus transformatrice. A lui de s’engager, d’oser et de risquer sa part…

Restera-t-il en de ça ou s’exposera-t-il à une destinée juste, épanouissante, plus en rapport avec sa profondeur et sa raison d’être ? Dans ce questionnement, dans cet atermoiement, dans ce passage critique pour le client, le coach de vie est là, présent, centré et ancré, témoin bienveillant d’une histoire qui n’est pas la sienne mais à laquelle il est convié. Il y a alors une mise en commun d’un espace, d’un contenant et d’un partage. L’expérience d’une profondeur se partage mais son contenu reste de l’ordre de l’intime pour le client. Cet intime vécu sous les yeux d’un inconnu (l’accompagnant), délie et libère. L’accompagné se rencontre, se découvre, s’ouvre à lui-même grâce à la présence de «l’inconnu-entendant » qu’est le coach de vie.

L’Être dans sa profondeur fait alors irruption et sens. L’accompagné accède à lui-même et répond à un appel du dedans, dans le creux d’une relation d’accompagnement attentive et bienveillante. Accéder à soi-même est une aventure singulière. La profondeur de l’Être convie au bonheur d’Être, tout simplement. Là est la grande histoire…

Roger DAULIN

Coach de vie et formateur

Président de la FCV

  1. Expression de François ROUSTANG dans son livre « Jamais contre d’abord » Edition Odile Jacob

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