Et si nous parlions de communication corporelle ?

Publié par FCV le

Et si nous parlions de communication corporelle ?

 

Qu’est-ce qu’une séance de coaching de vie sinon deux corps en relation ? Accompagner un client vers la réalisation d’un objectif de vie, c’est l’inviter à prendre conscience de ses multiples ressources, de ses capacités et potentialités intellectuelles mais aussi de ses sensations corporelles, de ses émotions et tensions. Là où il y a mise en verbe, il y a mobilisation aux niveaux, sensoriel, musculaire, viscéral et structurel. Le corps est porteur d’une histoire passée, présente et à venir. Elle s’exprime et se raconte au travers du corps. Le coach de vie, par son corps présent, accueille ce qui est là, le client et l’histoire qu’il dévoile et partage. L’un et l’autre, coach de vie et coaché, ne peuvent pas ne pas communiquer avec leur corps. La séance est naturellement influencée par la façon dont les corps respectifs communiquent.


Par essence, le coach de vie s’implique corporellement que ce soit dans sa préparation à accueillir le client, dans le déroulement de la séance et après celle-ci. En effet, en amont de la séance, le coach de vie prend du temps pour se centrer, s’ancrer et questionner l’efficience de sa verticalité. Dans le déroulement de la séance, en se mobilisant pour une présence de qualité, il se déplace dans la pièce, bouge, se rapproche du coaché, s’en éloigne ou reste immobile, c’est selon. Sans oublier la respiration, pleine, entière et ventrale. Il y a aussi des gestes, des mimiques, volontaires ou pas, conscients ou pas. La communication corporelle s’élabore aussi à partir des regards, des tonalités de voix et des silences…

Le coach de vie ramène sans cesse le coaché à lui-même, à son corps, à ce qu’il vit et ressent. Il y a une mise en évidence des mouvements du corps, intérieurs comme extérieurs, des tensions localisées, transitoires, mais toujours liées à l’histoire du coaché. Cependant, tout n’est pas clair pour le client dans l’immédiat. L’expression sensorielle n’apporte pas toujours des réponses évidentes mais elle est là. Elle contribue à l’épaisseur du mouvement en cours, apporte son lot d’indices, d’alertes ou de confirmations. Le vécu se densifie, s’épaissit et augmente en consistance grâce à l’implication corporelle, du coach de vie comme du coaché.

Accompagner nécessite une implication corporelle

Accompagner le mouvement intérieur du coaché nécessite une implication corporelle. Ramener le client à son vécu corporel, à ses perceptions, c’est lui permettre de repérer des liens, d’attirer son attention sur ce qui se fixe, transite et s’élimine parfois. Les émotions sont là généralement pour préciser et orienter un vécu. Elles surgissent en donnant des informations. Éphémères et précieuses tout à la fois, elles sont sources de renseignements. Le client est là, corporellement avec son lot de sensations, de pensées et de vécus intimes. Toutes ces manifestations ont une valeur de langage. C’est sa façon bien à lui de parler, de fabriquer des hypothèses. Elles prennent corps et font écho à des mémoires récentes, plus lointaines, quelque fois archaïques. Il ne s’agit pas pour le coach de vie d’expliquer au client son mécanisme, d’analyser comme dans une cure thérapeutique mais bien de laisser se dire et se manifester ce qui désire se montrer et se donner à voir et à entendre. Être un témoin bienveillant et bien traitant de ce qui est en mouvement a valeur d’implication et de considération vis-à-vis du coaché. L’hypothèse est faite que les évocations langagières, émotionnelles comme physiologiques participent à une évolution de l’identité.  C’est un cheminement, parfois laborieux, demandant un temps de maturation variable selon les personnalités, leurs trajectoires, leurs aspirations.

Il ne peut y avoir d’économie dans les liens corps / esprit. Les corps sont là, dans l’échange, en confiance et en confrontation, comme une voie certes complexe, rendue difficile par les remises en question régulières, par l’éloignement du rationnel et par l’imprévisibilité du mouvement lui-même.

 Le corps en relation est un cheminement aussi osé, audacieux qu’incontournable. Il est naturel dans le sens qu’il y a toujours deux corps en communication, celui du coach de vie et celui du coaché, et complexe parce qu’il n’échange pas que sur le seul mode du langage verbal.

L’expression verbale tente de dominer mais c’est sans compter avec les multiples connexions émotionnelles, physiologiques et énergétiques. Qu’il résiste ou qu’il se confie, qu’il évite ou qu’il fasse des liens, les stratégies du client sont multiples et diverses mais elles ont un point commun : elles transitent toutes par le corps ! Celui-ci est sans cesse en mouvement, exprimant, réalisant, contractant, encaissant, éliminant, évoluant…

Chaque corps est à lui seul une histoire écrite et à écrire

Chaque corps est à lui seul une histoire écrite et à écrire. Il a une forme, une densité, une mémoire et un à venir. Il est à lui seul une histoire singulière, infatigable dans ses expressions, vulnérable dans son incarnation et subjective lorsqu’elle se raconte.

Le coach de vie accompagne « en miroir » le client, dans un corps à corps singulier, en s’impliquant corporellement (comment faire autrement ?), en se tenant dans sa verticalité, dans sa respiration, en bougeant, en exigeant de lui-même une forte attention aux mouvements de son corps en relation. De ce fait, il propose au client d’explorer ses vécus corporels, là où précisément se loge les réponses potentielles à ses questions. C’est ainsi que le coaché sonde, reconnait et parcourt ses émotions, ses ressentis, ses perceptions, et de ce processus surgit des prises de conscience, des liens qui font sens. Le corps est à lui seul une systémie. Par ce retour conscient au corps, de nombreuses connexions s’établissent, de nouveaux cheminements neuronaux émergent et un dialogue intérieur différent s’élabore.

La mise en perspective du corps donne lieu à une expérience sensorielle précieuse, à un recensement des mémoires jusqu’alors refoulées, oubliées, le plus souvent méconnues. C’est pour le coaché une reconnexion avec lui-même, avec son corps souvent tenu à l’écart des décisions prises jusqu’ici par un mental omniprésent.

En passant d’une émotion à un sentiment, d’un sentiment à une pensée, d’une pensée à de l’imaginaire, une mise en mots des affects apporte une amplitude, une hauteur comme une profondeur à son vécu. La prise de conscience du corps est un levier primordial et central dans le dispositif d’accompagnement coaching de vie. Reconnecté à son corps, le coaché accède à son monde intérieur, à une certaine conscience de lui-même et vit ainsi l’expérience d’être à l’écoute de qui il est, de là où il en est et de la nature authentique de ses besoins.

Le choix du coach de vie, d’impliquer le corps comme une véritable spécificité de sa pratique, c’est offrir l’occasion au coaché de poser des mots sur des perceptions, des émotions et des représentations. C’est faciliter l’accès à un monde riche de ressources, d’informations et de réponses. Une façon de se réapproprier le pilotage de son existence.

Roger DAULIN

Coach de vie et formateur

Ecol’COACH

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