La place de la parole en coaching de vie

Dans le déroulement d’une séance de coaching de vie la parole du coach est attendue. Plus encore elle est recherchée et désirée. La personne coachée la sollicite en écho à sa situation. Elle est celle, croit-elle, qui va la libérer et lui apporter la solution.

Qu’en est-il réellement ? En quoi la parole du coach de vie est-elle salutaire ou castratrice ? Quelle est la place de la parole d’un professionnel de l’accompagnement coaching de vie ? Et de quelle parole est-il question ?

La parole est en accord lorsqu’elle renouvelle quelque chose en soi, lorsqu’elle porte au-delà des mots. La justesse la féconde. Mais elle colporte aussi de l’insignifiant, de l’inapproprié voire de l’encombrant.

Posons-nous la question : qu’elle est la nature de la parole d’un accompagnant coach de vie ?

La parole ramène chacun à ce qu’il favorise dans la relation, à ce qu’il ouvre, à ce qu’il crée comme opportunité. Mais quelle est la nature de la parole qu’entretient l’accompagnant coach de vie dans l’exercice de sa pratique ? A quoi mesure-t-on la valeur d’une parole : à ce qu’elle dit, à sa résonance ou à ce qui se répercute au-delà des mots articulés ? Sans oublier que l’impact d’une parole tient beaucoup à sa synchronicité avec ce qui est recherché ou vécu par la personne.

Une parole qui ouvre le champ des possibles…

La parole de l’accompagnant coach de vie n’est pas utile pour créer du dialogue ou du discours. En revanche son intentionnalité est d’ouvrir le champ des possibles, de créer de l’espace et de favoriser le mouvement intérieur chez l’accompagné.

Au coach de vie de mesurer si sa parole ouvre ou enferme. Cherche-t-elle à convaincre, à séduire, à imposer ou permet-elle à l’accompagné de déployer du questionnement et de l’exploration ? Renonce-t-elle à l’analyse, à l’explication et au jugement ?

Une parole ouverte qui facilite l’accès, pour la personne coachée, à ses propres ressources

Lorsque le coach de vie retient sa parole et l’exerce avec sobriété et tempérance, force est de constater que cette retenue engendre chez le client un mouvement intérieur créatif. Le renoncement à une parole explicative de la part du coach de vie donne accès au client à ce qui est ressource et jusqu’alors inconnu et méconnu de lui-même.

La valeur d’une parole est dans ce qu’elle fait naître

La valeur d’une parole est dans ce qu’elle fait naître, dans ce qui se remet en question librement. La parole ajustée du coach de vie est en quelque sorte une parole à la marge, une parole qui renvoie l’accompagné à lui-même. Le professionnel veille par exemple à ne pas souligner un mot en particulier, le pointer et lui donner de l’importance. Même s’il le fait subrepticement, le coach de vie signifie ainsi sa préférence. Ce qui se joue alors, dans l’entre-deux relationnel n’est plus libre d’arrière-pensée. Dans ce cas, le coach de vie prend parti, oriente et influence. L’accompagné – mais l’est-il encore à ce moment-là ?- se demande pourquoi tel mot a droit à une remarque. Pourquoi ce mot bénéficie-t-il d’une mention particulière de la part de son accompagnant ?

Parasité par l’intention du coach, le client tourne alors autour de ce mot. Il cherche à décrypter le sens que le professionnel a laissé entrevoir. Le client se détourne de sa propre exploration et l’abandonne.  C’est ainsi qu’il est spolié de son mouvement intérieur, de ses investigations et de sa quête. L’indication du professionnel l’a piégé. Le client est alors inévitablement sur un chemin qui n’est pas le sien…

Une parole qui n’a rien à dire de signifiant

Une parole de coach de vie est une parole qui n’a rien à dire directement de façon explicite. En aucun cas elle se substitue à la parole de l’autre, voire à son silence. Elle s’inscrit dans un dispositif qui est au service d’un projet : celui de l’accompagné.  La parole du coach de vie n’a rien à faire valoir. Elle est juste une parole réfléchissante des propos d’autrui. Elle contribue à la poursuite du mouvement exploratoire que la relation d’accompagnement suggère.

Une parole qui reçoit et accueille inconditionnellement l’inattendu de la personne coachée

Certes une parole de coach de vie prend soin de la relation. Elle se tient prête à accueillir et à recevoir l’inattendu de l’autre. Elle contribue à faciliter la connaissance de soi par le client lui-même. Elle fait l’impasse de ce qu’elle sait et ainsi évite au coach de vie toute récupération narcissique !

La parole du coach de vie s’inscrit dans une éthique de renoncement(1). Cette posture permet à l’accompagné d’élaborer son propre savoir et savoir-être mais aussi de se réapproprier ce qui lui a jusqu’alors échappé.

La parole du coach de vie trouve sa source dans les fondamentaux de l’accompagnement

Toutes les paroles ne se valent pas ! Parce qu’elle est professionnelle la parole du coach de vie trouve son ancrage dans les fondamentaux de la relation d’accompagnement à savoir : la non-intention, la bienveillance et l’humanisme.

Elle nourrit de respect la relation ; elle accepte l’énigme de l’autre ; elle ne prétend pas être parfaite mais elle se donne les moyens de s’ajuster à la spécificité de l’instant.

Elle est le fruit d’un apprentissage permanent : parole de coach de vie !

Roger DAULIN Superviseur coaching de vie FCV

  1. La posture éducative de Xavier Bouchereau. Editeur ères

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Catégories : Ethique et posture

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